24 janvier 2008
Ma Terre...où est ma Terre?
Ma terre
Je me souviens qu’enfant je jouais près des champs en restant toujours sur les bords par peur d’écraser ce qui y a été semé, je me souviens que j’étais proche de la terre, avec mes quelques centimètres à peine, je la voyais de plus près, je la touchais et j’en trouvais des petits trésors…maintenant, j’ai grandi plus haut que la terre, je suis plus loin de la terre, j’ai pris la mer, j’ai pris de l’air, j’ai volé et j’ai survolé cette terre et d’autres, j’ai respiré profondément…la liberté… mais je n’ai pas senti l’odeur de la terre, celle de Ma Terre…elle me manque.
Cette terre
Elle est verte et fleurie
Parfois j’y vois des vaches ou des brebis
Mais elle ne m’appartient pas
Je passe à côté
Et je la vois de loin
Jamais elle ne m’appartiendrait
Elle a ses propres maîtres
Elle
Moi…
J’ai ma propre terre
Elle ne m’appartient pas non plus
Mais un jour je lui appartiendrai
Elle est rouge et brune
Il n’y a plus d’arbres
Avant il y avait des amandiers
Des amendiers fleuris
Des amandes vertes et blanches en été
Il y avait des mambos et des figuiers
Des chumbos et des pêchiers
Cette terre
Oui cette terre
Où est ma Terre ?
Où suis-je ?
Après une quête de soi comme personne personnalisée (dans « Qui suis-je ? »), je me demande "où suis-je?" dans ce monde à la fois vaste et réduit ? où est ma place? n’est peut être pas ma question. A quelle terre j’appartiens? non plus. Je comprends ceux et celles qui disent avoir besoin d’appartenir ou d’avoir une identité ou culture. Mais, je pense que cette culture est là, l’identité aussi même si c’est un mélange de tout, caractérisé para l’absence de certains éléments de l’une ou de l’autre. Ce qui en fait une nouvelle culture et pourquoi pas une nouvelle identité. A-t-on peur de s’en inventer ou doit-on nécessairement adhérer ? et si on ne s’y retrouve pas ? cela voudrait-il dire qu’on est forcément en crise ? Ma réponse est non.
La terre est un élément assez important dans l’identité aussi bien individuelle que collective, encore faut-il faire la distinction entre ce dont à quoi ou à qui on s’identifie et ce que l’on est vraiment. Autrement dit, comment se définir soi même indépendamment de toute appartenance, loin dans un désert ou sur une autre planète. La terre est un élément dont on néglige le rôle édifiant dans une identité individuelle, je ne parle pas de pays mais bien de terre ou de terres. Ce dont à quoi nos ancêtres tenaient tellement et considéraient comme une valeur en soi, qu’il fallait défendre comme si c'était un membre de la famille, de la communauté ou de la tribu...
A vous!
La vie dans un rêve
Rêver debout ? non, moi je vis dans le rêve... je vois la vie en dormant... une vie de rêves... et je crève... en me réveillant... je ne peux plus me lever… j’ai pas dormi et j’ai pas envie...je continue à rêver...
10 janvier 2008
Quand la solitude s’impose…
Se trouver seul géographiquement est une chose, être dans la solitude face à une situation qui ne concerne que soit et qui ne peut être résolue que par soi même est autre chose. Dans ce genre de solitude on n’a pas besoin des autres pour leur raconter ce qui nous arrive, leur demander conseil est un peu tardif, d’autant plus que leur jugement est connu d’avance, c’est le même qu’on a de soi peut être ! Leur support ? aussi nécessaire est-il qu’on n’ose le demander. Une vraie solitude est celle qu’on ressent face à un problème qu’on se doit et se propose de résoudre soi même et par soi-même. Quand on veut se prouver capable de faire face au danger, prêt à mener une bataille et de la gagner. Seul on est dans sa lutte interne pour se débarrasser de ses craintes, d’aller vers l’avant et de se lancer dans l’inconnu. Comme disait quelqu’un l’apprentissage est un processus solitaire. Entre ceux qui nous enseignent et ceux qui veulent qu’on apprenne, finalement, c’est à nous et à nous seuls d’apprendre ou ne pas apprendre.
07 janvier 2008
L'Auberge Espagnole...un film trop réel!
« Quand on arrive dans une ville on voit des rues en perspectives, des suites de bâtiments vides de sens, tout est inconnu, vierge…voilà, plus tard on aura habité cette ville, on aura marché dans ses rues, on aura été au bout des perspectives, on aura connu ses bâtiments, on aura vécu des histoires avec des gens. Quand on aura vécu dans cette ville, cette rue on l’aura pris 10, 20, 1000 fois… »
Je ne me lasserai jamais de répéter cette phrase, extraite du film L’auberge Espagnole, un film fort, marquant, où l’envie de se réaliser se mêle avec la joie de vivre et la tristesse des départs. La mise en évidence des stéréotypes est compensé par la difficulté du vivre ensemble : Une anglaise, un français, un allemand, un italien, une espagnole, une belge...tous sous le même toit, partagent les mêmes soucis et les mêmes désirs.
Ayant vécu en catalogne et fait une partie de mes études là bas, je me retrouve dans ce film, dans la scène du professeur qui refuse de donner son cours en Castillan, celle de la discussion postérieur avec des Catalans qui ne se lassent d’expliquer qu’ils sont une nation avec leur langue et leurs coutumes qui n’ont rien à voir avec les « corridas y los toros » ! et puis dans la scène de l’aéroport de Barcelone, là je ne peux compter combien de départs et d’arrivées…des départs à moi, des arrivées d’autres et des départs d’autres. A chaque fois, c’est le même scénario qui se répète, la même voix qui annonce sur le même ton, rien ne change, j’ai eu l’impression d’avoir vécu et revécu ces mêmes scènes 10, 20, 1000 fois…Barcelone est la ville de mes rêves, du film et de ma réalité. J’y vais, je repars, j’y retourne et je repars…un jour peut être j’y resterai. Mais, serai-je comme le héro à la fin du film, un étranger dans sa propre ville, qui erre parmi les touristes et les étrangers. On est tous des étrangers quelque part.
Sommes-nous racistes?
Souvent quand on parle de racisme en Europe, on pense au racisme envers les noirs, les maghrébins ou autres populations migrantes. Mais, avons-nous déjà pensé au racisme « within » ? celui qui existe entre les marocains, par exemple ?
Il est vrai que si on a la chance d’avoir une tête passe-partout, il est peu probable de s’en apercevoir. Mais, que se passe-t-il si ce n’est pas le cas ?
Voilà donc une histoire qui laisse à réfléchir...
C’est un européen qui me raconte qu’il a été traité de « s**e berbère » au Maroc. J’ai été vraiment choquée et surprise mais sa grande surprise à lui c’est qu’il ne s’attendait pas du tout à être victime d’insultes racistes envers des européens au Maroc et encore moins envers les habitants même du pays par des habitants du même pays. Mais, de là à être traité lui-même de « chleh » c’est un vrai choc ! En toute gentillesse, il m'a demandé s'il ressemblait à un bérbère, alors j'ai répondu que je ne saurai pas dire puisque les bérbères sont très divers...
Serait-il temps de dépasser nos préjugés et d’arrêter de traiter les gens par leur visage, la forme de leur tête ou de leurs yeux sans parler de leur langue ou culture ?
Jamais dans notre histoire, l'éthnologie n'a été un facteur de séparation. Oui, le Rbati se mariait avec la rbatie, le soussi avec la soussie, ... mais c'est beaucoup plus en faisant référence à une culture commune, des habitudes et des rituels. Dans les années de lutte contre l'occupation, tous et de tous bord ont été dans la lutte. Le berbère se mariait à la fassie, le tangérois avec la sahraouie, ... et jamais une éthnologie n'a été disticnte dans ce pays.
Le foot, les rivalités régionales, ... faisait en sorte que les gens s'amusaient à brandir fièrement leurs régions, mais un gadiri établi à casa, supportait beaucoup plus le Raja qu'une autre équipe.
Que se passe-t-il alors?