Elle, lui et eux

Nous sommes deux amis qui voulons partager avec vous nos pensées. Chacun de nous aide l'autre à trouver l'inspiration et surtout le moral.

10 mars 2008

Nous et eux...le terrorisme

Je reprends ici un billet que j'avais déjà publié sous un autre titre dont je me suis rendu compte qu'il attirait un autre type de lecteurs. Donc je précise un peu mieux le contexte question d'épargner à certains googleurs le passage par le mauvais site.

Deux femmes m’ont accueilli les bras ouverts dès le moment où j’ai débarqué sur l’autre rive... là où je ne connaissais personne. La première est celle avec qui j’ai eu le plus de contact à cause du boulot, elle était ma cheffe. Pourtant, elle m’avait toujours traité d’égal à égal et n’a jamais accepté que je la vouvoie. Personne ne le faisait d’ailleurs même des jeunes de 19 ans l’appellent par son prénom. Cette femme n’a jamais hésité à me donner tout son support moral et matériel, elle a toujours fait tout ce qu’elle pouvait pour m’aider en tout même pour des choses qui n’ont rien à voir avec le travail, des problèmes personnels et familiaux, elle était toujours là, à l’écoute et à proposer son aide sans lui demander. Côté travail, c'était la première fois que j'avais un chef qui m'écoute et qui cherche à savoir ce que j'avais à dire avant tout...

La deuxième femme tenait une résidence pour étudiants et stagiaires qu’elle considérait tous comme ses enfants. C’est chez elle que je me suis installée pendant les premières semaines. Dès qu’elle a su que je venais du Maroc, elle m’a dit «mon mari travaille au Maroc et je vais très souvent là bas, j’adore y aller!». A chaque fois que son mari venait ou qu’elle partait le voir, elle venait me voir pour m’annoncer la date avec plusieurs jours d’avance : « si tu veux envoyer quelque chose à ta famille ou que je t’amène quelque chose de là bas, dis-le moi ». Plus tard, même quand je n’habitais plus chez elle, je la rencontrais souvent puisque je suis restée dans le même quartier. Et la dernière fois qu’elle m’avait dit cela, c’était quelques semaines avant le 16 mai 2003. Comme je me préparais déjà pour quitter la ville, je ne l’ai revue qu’un an et demi plus tard. Je l’ai rencontrée par hasard et dès qu’elle m’a aperçue elle est venue m’embrasser. A la fois émue et gênée, je lui ai présentée mes condoléances, elle a eu les larmes aux yeux…mais elle ne voulait pas pleurer. Elle essayait de se montrer forte même si j’ai vu combien sa douleur était grande et retenue.

"Il faut absolument que tu passes chez moi, j'ai un cadeau pour toi..." m'a-t-elle dit.

Moi qui a vu combien elle était heureuse avec lui... j’ai vu sa joie quand elle m’annonçait son arrivée...je les ai vu tous les deux se balader en se tenant par le bras... aujourd’hui, je me rappelle du regard heureux de cette femme en compagnie de son mari et de son regard triste et solitaire après son départ le 16 mai 2003 à Casablanca...

Ces deux femmes, dans la cinquantaine, des filles de plus de 25 ans. Elles ont toutes les deux subi la dictature de Franco, leurs parents ont vécu la guerre civile, elles ont connu l'immigration, le chômage, etc. elles n'ont jamais baissé les bras. Elles ont travaillé toute leur vie pour le bien de leurs enfants et des enfants des autres, génération après génération. L'une d'elle m'a dit un jour "quand j'ai décidé d'immigrer à l'étranger, je suis partie très en colère et ça c'était douleureux!". Une phrase qui me vient souvent à l'esprit.

Pour rendre hommage à ces deux femmes, à celle qui a perdu son mari, j'ai choisi ce jour-ci, la veille du 11 mars...ce même jour il y a quatre ans, je prenais le train à 7h du matin, destination: Barcelone. A mon arrivée à la gare, on annonce que tous les trains à destination de Madrid son en retard ou annulés et qu'il n' y a aucune information. Quelques heures plus tard, je retourne à la gare pour mon train de retour et là les images sur les écrans montraient l'horreur, une horreur que j'attribue à un simple concept: "nous et eux". Qui sommes-nous? Qui sont-ils? c'est ça la vraie question.

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07 janvier 2008

Sommes-nous racistes?

Souvent quand on parle de racisme en Europe, on pense au racisme envers les noirs, les maghrébins ou autres populations migrantes. Mais, avons-nous déjà pensé au racisme « within » ? celui qui existe entre les marocains, par exemple ?

Il est vrai que si on a la chance d’avoir une tête passe-partout, il est peu probable de s’en apercevoir. Mais, que se passe-t-il si ce n’est pas le cas ?

Voilà donc une histoire qui laisse à réfléchir...

C’est un européen qui me raconte qu’il a été traité de « s**e berbère » au Maroc. J’ai été vraiment choquée et surprise mais sa grande surprise à lui c’est qu’il ne s’attendait pas du tout à être victime d’insultes racistes envers des européens au Maroc et encore moins envers les habitants même du pays par des habitants du même pays. Mais, de là à être traité lui-même de « chleh » c’est un vrai choc ! En toute gentillesse, il m'a demandé s'il ressemblait à un bérbère, alors j'ai répondu que je ne saurai pas dire puisque les bérbères sont très divers...

Serait-il temps de dépasser nos préjugés et d’arrêter de traiter les gens par leur visage, la forme de leur tête ou de leurs yeux sans parler de leur langue ou culture ?

Jamais dans notre histoire, l'éthnologie n'a été un facteur de séparation. Oui, le Rbati se mariait avec la rbatie, le soussi avec la soussie, ... mais c'est beaucoup plus en faisant référence à une culture commune, des habitudes et des rituels. Dans les années de lutte contre l'occupation, tous et de tous bord ont été dans la lutte. Le berbère se mariait à la fassie, le tangérois avec la sahraouie, ... et jamais une éthnologie n'a été disticnte dans ce pays.

Le foot, les rivalités régionales, ... faisait en sorte que les gens s'amusaient à brandir fièrement leurs régions, mais un gadiri établi à casa, supportait beaucoup plus le Raja qu'une autre équipe.

Que se passe-t-il alors?

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25 octobre 2007

Milonga del moro judío en français!

Suite à la sugestion du citoyen Hmida je vous propose cette modeste traduction en français des paroles de la chanson "Milonga del moro judío", de Jorge Drexler. Des paroles qui méritent d'être diffusées et méditées.

En espérant que cela ne dérangerait pas l'auteur de ces paroles, je propose qu'elles soient traduites à l'arabe et à l'anglais pour plus de diffusion. Donc, si quelqu'un s'offre pour le faire, je publierai ces traductions avec plaisir sur ce site.

Titre: Chanson du maure juif

Pour chaque mur une lamentation
A Jérusalem la dorée
Et mille vies gaspillées
Pour chaque commandement
Je suis la poussière de ton vent
Et même si je saigne de ta blessure
Et chaque pierre chère
Sauvegarde mon amour le plus profond
Nulle pierre dans le monde
Ne vaut ce qu'est une vie

Je suis un maure juif
Qui vit parmi les chrétiens
Je ne sais quel Dieu est le mien
ni qui sont mes frères
Il n’y a pas un mort qui ne me cause de douleur

Il n’y a pas de camp qui gagne
Il n’y a rien que la douleur
Et une autre vie qui s’envole
La guerre est une mauvaise école
Peu importe le masque qu’elle porte

Excusez moi de ne m’aligner
Sous aucun drapeau

N’importe quelle chimère vaut plus
Qu’un morceau de tissu triste

Et je n’ai donné d’autorisation à personne
pour tuer en mon nom

Un homme n’est qu’un homme
Et s’il y a un Dieu, il l’a voulu ainsi

La terre même sur laquelle je marche
Continuera, moi je serai parti
En direction aussi de l’oubli
Il n’y a pas de doctrine qui ne s’en vas pas
Et il n’y a pas de peuple qui ne pense pas
Qu’il est le peuple choisi
 

Notes:

- la milonga est une sorte de chanson et de danse populaires

- le mot « moro » est peut être connu de tout le monde tel quel et n’a pas besoin de traduction. Mais, pour mieux comprendre le titre de la chanson, il faudrait préciser que « moro » désigne tous les musulmans qu’ils soient arabes ou pas, ainsi que tous les arabes  qu’ils soient musulmans ou pas et donc toutes les populations de l’Afrique du Nord (maures) et du moyen Orient y compris les juifs qui comme on le sait ont été eux aussi expulsés de l’Espagne avec les Arabes et les musulmans suite à la Reconquête d’al-andalus au XVè siècle. Donc ça montre bien qu’il y avait cet amalgame entre arabe, juif, musulman désignés tous par le même mot « moro ».

Version originale en espagnol:

MILONGA DEL MORO JUDÍO 

Por cada muro un lamento

en Jerusalén la dorada

y mil vidas malgastadas

por cada mandamiento.

Yo soy polvo de tu viento

y aunque sangro de tu herida,

y cada piedra querida

guarda mi amor más profundo,

no hay una piedra en el mundo

que valga lo que una vida.


Yo soy un moro judío

que vive con los cristianos,

no sé que Dios es el mío

ni cuales son mis hermanos.
No hay muerto que no me duela,

no hay un bando ganador,

no hay nada más que dolor

y otra vida que se vuela.
La guerra es muy mala escuela

no importa el disfraz que viste,

perdonen que no me aliste

bajo ninguna bandera,

vale más cualquier quimera

que un trozo de tela triste.

Y a nadie le dí permiso
para matar en mi nombre,
un hombre no es más que un hombre

y si hay Dios, así lo quiso.

El mismo suelo que piso
seguirá, yo me habré ido;

rumbo también del olvido

no hay doctrina que no vaya,

y no hay pueblo que no se haya

creído el pueblo elegido.

Posté par elle_lui_et_eux à 12:40 - Eux - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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