Elle, lui et eux

Nous sommes deux amis qui voulons partager avec vous nos pensées. Chacun de nous aide l'autre à trouver l'inspiration et surtout le moral.

05 février 2008

Illy : ma fille bien-aimée

Par pur hasard, nous écrivons, elle et moi, deux biellets sur la même thématique, mais de deux optiques différentes. Nous parlerons de Tamazight, mais ne voyez pas en cela un activisme zélé pour une cause juste et faisant intégralement partie de notre identité. Libération titrait à sa Une un article signé par le bâtonnier Abderrahim Jamaï, militant de droits de l'homme de longue date, autour d'une décision, je cite, qui "rappelle ces temps révolus que l'on croyait Dahdouh a rendu un verdict iterdisant des parents adoptifs, par kafala, de Larache de choisir le nom d'"Illy" ( ce qui signifie en tamazight ma fille bien aimée ) à leur fille. Cette nouvelle m'interpelle à plusieurs égards, tout comme la petite Noumidya, qui interdite de prénom, et qui s'approche de l'age de scolarité, notamment par une simple question : Est ce que le Makhzen serait plus tendre envers nos momes, en choisissant leurs prénoms par restriction de liste, que les parents?

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30 décembre 2007

Bonne année 2008

Voila, le 11 Décembre dernier, Elle a expliqué les raisons de notre petite abscence de cet espace.

J'espère que vous nous comprenez, comme nous vous promettons d'être plus actif très prochainement.

Nous remercions tous ceux et celles qui nous ont nominé pour le Blogawards 2007, merci de votre confiance.

Enfin, bonne année 2008, avec plein de bonnes choses

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11 décembre 2007

Dernières nouvelles!

Après cette longue période où nous n'avons peut être pas manqué d'inspiration mais de temps, nous tenons à vous faire part des derniers grands évènements qui ont été à la fois les bienvenus mais qui ont quand même bouleversé nos vies respectives...

Lui:

Lui est devenu papa ! Il est donc en plein apprentissage d'un nouveau langage en commençant par écouter les premiers cris et en cherchant à les décoder.

Félicitations à Lui pour le nouveau né J

Elle:

Elle a enfin obtenu un vrai job! A la fois payé pour ce qu'elle fait et ayant une fonction plus ou moins précise, elle a dépassé sa situation de chômage salarial  (travailler sans être payée!) ou de précarité (être payée à mi-temps par exemple et travailler à temps plein), une situation où Elle devait faire beaucoup de choses à la fois en se disant que ça l'aiderait à se former, à se perfectionner et se stabiliser peut être un jour...Elle est donc contente pour sa nouvelle situation mais a dû quand même changer de ville voire de pays, d'où le boulversement! En attendant qu'elle y revienne plus en détails probablement dans ses prochains écrits, félicitations à Elle pour le long chemin parcouru jusqu'ici !

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18 septembre 2007

Joueux anniversaire à Elle

joyeux anniversaire

joyeux anniversaire

joyeux anniversaire à Elle

joyeux anniversaire

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29 juillet 2007

Histoire, Chapitre 1

Elle est assise sur un banc, lisant un livre sur la sociologie. Les cheveux longs, le visage clair, une belle posture, un teint profond, des lunettes teintées de noir, les mains crispées. De son grand sac à main, elle sort un téléphone et parle d'un air serein, doux mais imposant.

Sur la banquette d'en face, un homme irrité, le visage pale, les yeux branchés sur son journal. Il la regarde avec air attentif. Une impression du déjà vue.

Le son de la dame de la gare annonce l'arrivée imminente du train. La dame se lève, son téléphone toujours collé à l'oreille, notre homme range son journal et se met debout. Le train s'arrête et la porte s'ouvre, la dame monte l'escalier, il la suit s'installent dans le même compartiment.

La dame enlève un moment ses lunettes, et là leurs regards se croisent.

Lui : Vous êtes sociologue ?

Elle : Oui, en effet.

Lui : c'est bien.

Elle ; Et vous ?

Lui : Je suis médecin.

Un sourire instantané se dessine sur les deux visages. Un silence doux s'empare de l'ambiance, des regards volés de l'un pour l'autre, le train avance.

Elle (pensante): qu'est qu'il serait en train de lire dans ce journal qui l'intéresse tant?

Lui (pensant): Elle semble si prise par son livre...mais n'arrête pas de réfléchir tout en lisant

Elle (pensante): Il doit sûrement être d'une classe sociale plutôt aisée, de son accent on dirait bien un fassi ou...rbati...

Lui (pensant): elle a bien l'air d'une chamaliya, mais d'où du nord ? son accent est à peine perceptible qu'on ne saurait dire...

Elle (pensante): c'est ça, cas typique, médecin, famille aisée, journal plutôt francophone...

Lui (pensant): elle a dû perdre son accent, universitaire, livre, lunettes...profil typique de femme cultivée...

Elle (pensante): et pourtant, il a l'air si tourmenté...

Lui (pensant): et pourtant elle a l'air si modeste...

Chacun plongé dans ses pensées, le train continue à s'avancer.

Après une séance de silence intensif, où chacun se remet à sa lecture tout en jetant des regards sur l'autre, pour la découverte, ou la mémoire.

Elle interrompe le silence : Vous êtes médecin en quoi ?

Lui : je suis dermatologue.

Elle : c'est bien.

Lui : Vous êtes dans quel domaine de la sociologie ?

Elle : En fait, moi, je prépare une thèse sur l'impact de la famille sur les changements de la société.

Lui : Oh, très intéressant. Et, vous êtes sortie avec des conclusions concrètes ?

Elle : Oui et non. En fait, j'ai un certain nombre de postulats et d'hypothèses que j'essaie d'illustrer sur la terrain.

Lui : Comme quoi par exemple ?

Elle : Prenez l'exemple de la maison de famille. Dans le temps, sous le même toit habitaient parents, fils, petits fils et même arrières petits fils. Aujourd'hui, chacun a sa demeure indépendante, et ceci empêche l'intégration de la petite famille dans la grande.

Lui : Oui, vous avez raison, mais ceci a tout de même évité les tensions entre les gens et a permis la concentration sur un modèle indépendant de la petite famille, qui ...

Le son du train : Mesdames, Messieurs, arrêt du train dans une minute, gare terminus.

Elle : Ravie Docteur, mon mari m'attend à la gare.

Lui : Tout le plaisir est pour moi. A un de ces jours.

Elle : Au revoir.

Chacun des deux part de son côté vers son destin. Hasard du sort, Ce soir même, ils pensent en même temps à cette rencontre et ont le même sentiment de connaissance inachevée.

A 7 heures du matin, à la gare, Youssef, notre héros, achète son journal et rentre au quai attendre son train. Il aperçoit la dame d'hier rentrer. Elle ne le voit pas. Le train arrive, il se gare, notre homme s'approche de la porte où elle va monter, elle s'assoit, il se précipite vers le siège d'en face et lui dit avec un ton souriant : « Bonjour, c'est encore moi ».

Un sourire de chérubin s'installe sur son visage, elle lui tend la main, le salue avec chaleur et le temps s'arrête le moment où leurs mains se tiennent.

Elle : Vous prenez le train d'ici tous les jours docteur ?

Lui : En effet, j'habite à Rabat et je travaille à Casa. Appelez-moi Youssef, je ne vous ai pas demandé votre nom hier ?

Elle : Siham, je m'appelle Siham.

Lui : Ravi lalla Siham, vous avez un joli prénom.

Elle : Merci, et vous vous appelez comme mon petit frère.

Lui : Quel honneur.

Le silence se dessine à nouveau, il fait semblant de lire son journal, elle fouille dans son sac à main, de temps à autre, chacun jette un regard discret sur l'autre, une sorte de fixation pour mémoire.

Lui, en souriant : Vous acceptez que je sois un des cas que vous traitez dans votre recherche ?

Elle, en pensant qu'il se moque d'elle : Oui, pourquoi pas. Vous êtes originaire de Rabat ?

Lui : Non, ma famille est d'origine fassie.

Elle, avec les boules : Je vois.

Lui : Et vous ?

Elle : Moi, je suis du Rif.

Elle sent tous les discours sur la fassis remonter à la surface. Il est exactement le profil qu'elle a toujours imaginé : un fassi, bien tiré, médecin,... Toutes ces histoires sur Allal El fassi, sur l'indépendance, sur les richesses, ... se déroulent devant elle.

Lui : Ok, je vois.

Elle : Vous voyez quoi ?

Lui : Une façon de parler. Qu'avez-vous ?

Elle : Rien. Nous sommes arrivés.

Lui : Oui, Vous prendrez le même train qu'hier en retour ?

Elle : Oui.

Lui : Je vous attendrai, si cela ne vous dérange pas. Tu pourras m'étudier un peu plus.

Elle : Ok. Bonne journée.

Lui : Bonne journée.

Ils descendent du train. Chacun marche vers la porte, ils ne se voient plus entre la foule.

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18 mai 2007

Sous silence

Elle :

Avant d’apprendre à me taire, j’ai d’abord appris à parler, mais de cela je ne me souviens pas car c’est comme apprendre à marcher, on grandit et on découvre qu’on sait marcher et parler. Mais, comment apprend-on à se taire ? D’abord, les parents commencent à te dire de ne pas parler quand les « grands » parlent, puis tu vas à l’école et le maître te dit de ne pas parler avec ton voisin et de lever la main pour parler et de ne le faire que lorsque lui te le demande. Finalement tu vas travailler et là c’est le chef qui te dit de te taire, les raisons ne manquent pas…C’est donc comme ça que j’ai appris à parler pour que finalement j’apprenne à me taire et à passer sous silence une vie de rebelle de manière sage. J'ai appris à me taire, à m’éclipser... à me soustraire à la vie et disparaître complètement…et voilà que je n’existe plus. Mais, comme dit Descartes: je pense donc j'existe. Reste à dire ce qu'on pense pour exister vraiment!

Lui:

J'ai toujours voulu être effacé, passer dans l'ombre, j'ai tout fait pour rester caché, modeste, inaperçu, ... mais hélas, on finit par me remarquer. Parler, c'est aussi mon défaut. Trop parler, c'est aussi mon grand défaut. A un certain moment, quand j'ai remarqué ce vice, j'ai décidé de m'écarter, d'éviter les gens, pour ne pas trop parler! mais, en vain.

A cahque fois que je rentrais dans une nouvelle communauté ( entrprise, office, université, ... ), je me dis c'est l'occasion pour que tu deviennes celui que tu as toujours voulu être : invisible man. Tout devient caduc. Je veux bien me taire, je n'ai pas la capacité de me taire. que faire?

Elle:

A force de me taire, j'ai crié ma colère aux quatre murs, j’ai écrit mes paroles jamais prononcées sur du papier mouillé, j’ai pleuré ma rage et je me suis enragée en pleurant. J’ai décidé de ne plus me taire.

Lui :

Crier! crier sa liberté, hurler sa victoire, parler de son malaise, murmurer ses sentiments, libérer le souffle de ses pensées, discuter de son avenir, raconter son passé, ... Parler n'est pas aussi ne pas vivre son présent?

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