24 avril 2008
L’identité et la gauche au Maroc
Il y a un certain temps que Mounir a eu la gentillesse de nous faire l'exclusivité de cet article qu'il a publié dans Libération et que j'ai voulu reprendre ici pour une meilleure visibilité.
Merci Mounir pour ton article et pour l'exclusive!
Elle&Lui.
L’identité et la gauche au Maroc.
Il est des sujets où l’on devine naturellement les auteurs. La question de l’identité est essentiellement liée à la gauche. Cette dernière assume une responsabilité de réflexion sinon de production sur la thématique.
Dans un monde mondialisé, où les frontières sont désormais des mythes, la dictature ‘idéologique’ des multinationales en terme d’influence sur les modes sociaux, culturels et même intimes n’et plus à démontrer. La question de l’identité dans le débat de gauche est aujourd’hui un point névralgique.
Nous sommes aujourd’hui confrontés à de grandes questions. Quelle Etat-Nation sommes nous ? Que serons-nous dans 10, 20, 30, … ans ? Quelle société prônons-nous ? Avons-nous cerné tous les origines sociales, historiques, culturelles, … du Maroc ? Devant la montée du terrorisme, de l’hégémonisme impérialiste, qu’avons-nous préparé ? Quelle jeunesse pour quel avenir ? Quelle est la place de la politique ? Quel rôle joue l’Etat dans l’économie, la régulation, l’équité sociale, …. ? Quelle école pour le Maroc ?
La culture – la civilisation.
Trop de questions nous interpellent. Le Maroc a changé plus rapidement que la réactivité intellectuelle et politique de ses penseurs. L’ambigüité et le manque de clarté dans les choix – parfois volontairement en statu quo – n’arrange pas les choses. Il est grand temps de se positionner clairement sur les grandes questions qui touche à notre pays. Une multitude de courants traversent la société marocaine. Des islamistes les plus radicaux ( les expériences du 16 mai et autres, ici comme ailleurs, a montré qu’ils sont bien de chez nous ) aux occidentalistes les plus poussés.
« Il est beaucoup plus significatif maintenant de grouper les pays non pas selon leur système politique ou économique ou selon leur niveau de développement mais selon leur culture et leur civilisation » ( Huntington ; revue Foreigns Affairs ).
Ces propos exagérés de Huntington ont au moins le mérite de faire lumière sur une composante essentielle de l’identité : la culture. Le Maroc, par sa pluralité linguistique et ethnique ( arabe, berbère, andalous, africain, .. ), sa pluralité religieuse ( Islam, judaïsme ), a été, et restera toujours eu égard de sa position géographique et sa diaspora, un carrefour de métissage culturel et civilisationnel. L’ouverture du pays et sa quête de tolérance, d’acceptation de l’autre a fait que le Maroc est traversé de plusieurs courants culturels.
La gauche et la question de l’identité.
Nous ne sommes pas obligés de positionner le débat de l’identité en opposant deux versants identitaires : moderne et passéiste. L’identité est un grand chantier en perpétuelle construction. Si ce chantier est mal entretenu, ou mal alimenté en ingrédient peut provoquer des ruines désastreuses. L’islamisation de plus en plus accrue de notre société n’est autre qu’un repli identitaire face à un hégémonisme culturel rompant et qui n’a pas trouvé des bases solides dans la réflexion contemporaine pour le contrer. La gauche, porteuse d’un projet de société appelant à l’équité sociale, aux droits de l’homme est appelée aujourd’hui à clarifier ses positions sur l’identité et ne laisser aucune place au brouillard semé sur les choix.
« L’ordre mondial d’avant la destruction de l’Irak ou celui qu’on évoque après cet évènement ne satisfait guère les individus intègres et honnêtes à l’échelle mondiale, l’axe de cet ordre est une organisation des Nations Unis paralysée avant la chute du bloc de l’Est et asservie depuis » dixit feu A. Bouabid devant le comité central du parti en 1991. Il est clair qu’après cette date, beaucoup ont prophétisé la fin des idéologies. Au Maroc, cette tendance a été accueillie favorablement par une certaine frange de lobbies ayant intérêt à décrédibiliser la politique.
Nos principes fondamentaux sont issus de la résultante de toutes les civilisations. Les principes universels sont l’essence de notre mouvement. Les valeurs identitaires locales sont aussi une forte composante existentielle de la gauche marocaine. Se refermer derrière un mur identitaire ou matériel a été fatal à travers l’histoire. Tous les murs physiques construits sont tombés ou sont hués par tous. Le progrès humain n’a cessé d’émerveiller, le moindre détail ou avancée a été véhiculé et répandu sur toute l’humanité. De la roue à l’internet en passant par la machine à vapeur ou les idéologies. La grande menace que connaît l’identité aujourd’hui n’est pas l’instrumentalisation de la religion, ce n’est pas encore l’immigration ou la mondialisation, mais c’est surtout la standardisation des agissements et des pensées. La dictature du capital et des richesses impose aux Etats des règles de positionnement.
La gauche est aujourd’hui menacée dans son existence si elle n’arrive pas à dépasser son manque d’imagination. Le projet de société est appelé à être clarifié avant que l’on se perde dans notre relation avec nous même et avec l’autre.
L’identité et l’espoir.
La crise identitaire est un mal que nous vivons réellement au Maroc. Il est vrai que nous sommes devenus un pays plus réconcilié avec lui-même depuis une décennie. L’expérience de l’alternance a le mérité d’avoir ouvert la porte à une lecture saine de notre passé par une réconciliation positive entre les forces du progrès issus du mouvement national et la monarchie. SM Mohammed VI a été personnellement pour beaucoup dans cette ouverture. Aujourd’hui, nous n’avons pas peur d’accepter une place de plus en plus digne de la femme. L’acceptation des droits de l’homme dans leur universalité est aujourd’hui un acquis essentiel.
Mais cette expérience a été stérile quant à la réflexion mure et sereine de notre avenir. La non participation massive aux dernières législatives est le résultat d’un sentiment de frustration quant aux changements qui peuvent être espérés d’une telle consultation.
La jeunesse d’aujourd’hui, en réelle crise de valeurs, d’identité, est une jeunesse désespérée. Le désespoir est ici une illustration d’une perte de symboles. Il est vrai que les icones n’existent plus ou ne se produisent plus à coup de militantisme, de sacrifices et d’idée ( Guevara, Mandela, Ben Barka, Arafat, … ) Il est également vrai que les icones d’aujourd’hui sont produits dans les studios de cinéma et les plateaux de publicité. Nous sommes en réelle crise de valeurs. Nous somme même devant une inversion horrible des valeurs. La gauche est alors amenée à préserver sa solidarité, à dépasser son autodénigrement, sa ‘symolticide’.
Qui sommes-nous ?
Devant cette question existentielle, nous sommes tous concernés par la production. Une production d’idées, principale mission de la gauche.
Il est malheureux d’avouer qu’aucune autre force n’est en mesure de proposer un contre modèle à notre projet de société. Nous avons alors la double responsabilité de produire et de critiquer. Une critique saine, intellectuelle, fédératrice et porteuse d’espoir.
Mounir BENSALAH
23 avril 2008
El Velo al desnudo, una novela de Badia Hadj Nasser
Nous tenons à remercier Ryadi pour cet article intéressant. Elle&Lui
Marruecos Digital
Marruecos Digital - El portal de Marruecos en español
Badia Hadj Nasser, de profesión psicoanalista, es una escritora marroquí nacida en Tánger, que ha publicado numerosos relatos y que se dedica a la investigación y la escritura creativa en lengua francesa. En esta ocasión su novela “El Velo al desnudo” ha sido presentada en varias ciudades españolas, desde Granada a Madrid.
Su libro trata de una chica tangerina, nacida y criada en el seno de una familia tradicional que se enamora de un cooperante francés, lo que le obliga a cambiar todas las bases en que se fundamenta su vida, y a iniciar la búsqueda de su identidad como mujer y como árabe. El camino que recorre está plagado de dolor e incomprensión, de soledad y huida hacia delante, y de nuevas experiencias sociales y sexuales.
“El Velo al desnudo” fue presentado durante el mes de diciembre en varias ciudades españolas. El 11 de diciembre en la Fundación Euroárabe, la investigadora española sobre mujeres árabes y literatura de la universidad granadina, Mercedes del Amo, dio a conocer la novela de Badia Hadj Nasser en Granada.
El 12 de diciembre fue presentada en Casa Árabe de Córdoba por el periodista del periódico ABC Aristóteles Moreno. El 13 de diciembre en el FNAC de Sevilla fue puesto a disposición del público con la participación de Juan A. Pacheco, miembro de los Grupos de Investigación Universidad de Sevilla y Lola López Enamorado, profesora de la Universidad de Sevilla y escritora.
Fuera de Andalucía, “El Velo al desnudo” volvió a ser presentado por Mercedes del Amo, esta vez en la Libreria Baibars de Barcelona el pasado 16 de diciembre.
Como cierre a la gira de presentación de esta novela marroquí, Bernabé López García, Catedrático de Historia del Islam Contemporáneo en la Universidad Autónoma de Madrid (UAM), y Javier Valenzuela escritor y periodista del diario El País, y Televisión Española presentaron el 17 de diciembre el libro en Casa del Libro, en la Gran Vía de Madrid.
“El velo al desnudo” es una novela que ha sido considerada por la crítica como” la más audaz” de la literatura marroquí debida a pluma femenina.
15 mars 2008
Joyeux anniversaire, Lui
Aujourd'hui, Lui fête son anniversaire, il ne va sûrement pas passer par la blogoma, mais nous lui laisserons ici nos voeux de bonne santé, de plus de temps et moins de travail.
Joyeux anniversaire à Lui!
14 mars 2008
Dire non à la corruption...
Un ingénieur agronome dont le salaire mensuel ne dépasse pas 253 livres egyptiennes et qui a 6 enfants non seulement refuse un pot-de-vin dont le montant s'élève à 350 000 livres egyptiennes, mais aide les autorités à attraper les personnes impliquées dont son propre directeur. Vous imaginez? même si on ne connait pas combien vaut une livre egyptienne, il suffit de faire le rapport. C'est comme si quelqu'un qui touche 2000 Dhs par mois, refusait un montant de 3 500 000 Dhs, soit 300 500 000 centimes!!!! Vive l'honnêteté. Elle n'a pas de prix et ne peut être achetée.
٣٥٠" ألف جنيه، لم ترهب موظف الجمعية الزراعية بقرية منسافيس في المنيا.. فرغم غلاء الأسعار.. وجشع التجار.. وحاجة أطفاله الستة.. قرر أن يعيش بالحلال.. يكفيه «٢٥٣» جنيهًا راتبًا شهريا.. رفض هذا المبلغ الضخم - علي الأقل بالنسبة له - قدمه له أحد التجار علي سبيل الرشوة مقابل نقل حيازة ٥٠ فدانًا لملكيته.. أبلغ هيئة الرقابة الإدارية وألقوا القبض علي التاجر ووسيط الرشوة، تفاصيل الواقعة تحملها السطور التالية.
10 mars 2008
Nous et eux...le terrorisme
Je reprends ici un billet que j'avais déjà publié sous un autre titre dont je me suis rendu compte qu'il attirait un autre type de lecteurs. Donc je précise un peu mieux le contexte question d'épargner à certains googleurs le passage par le mauvais site.
Deux femmes m’ont accueilli les bras ouverts dès le moment où j’ai débarqué sur l’autre rive... là où je ne connaissais personne. La première est celle avec qui j’ai eu le plus de contact à cause du boulot, elle était ma cheffe. Pourtant, elle m’avait toujours traité d’égal à égal et n’a jamais accepté que je la vouvoie. Personne ne le faisait d’ailleurs même des jeunes de 19 ans l’appellent par son prénom. Cette femme n’a jamais hésité à me donner tout son support moral et matériel, elle a toujours fait tout ce qu’elle pouvait pour m’aider en tout même pour des choses qui n’ont rien à voir avec le travail, des problèmes personnels et familiaux, elle était toujours là, à l’écoute et à proposer son aide sans lui demander. Côté travail, c'était la première fois que j'avais un chef qui m'écoute et qui cherche à savoir ce que j'avais à dire avant tout...
La deuxième femme tenait une résidence pour étudiants et stagiaires qu’elle considérait tous comme ses enfants. C’est chez elle que je me suis installée pendant les premières semaines. Dès qu’elle a su que je venais du Maroc, elle m’a dit «mon mari travaille au Maroc et je vais très souvent là bas, j’adore y aller!». A chaque fois que son mari venait ou qu’elle partait le voir, elle venait me voir pour m’annoncer la date avec plusieurs jours d’avance : « si tu veux envoyer quelque chose à ta famille ou que je t’amène quelque chose de là bas, dis-le moi ». Plus tard, même quand je n’habitais plus chez elle, je la rencontrais souvent puisque je suis restée dans le même quartier. Et la dernière fois qu’elle m’avait dit cela, c’était quelques semaines avant le 16 mai 2003. Comme je me préparais déjà pour quitter la ville, je ne l’ai revue qu’un an et demi plus tard. Je l’ai rencontrée par hasard et dès qu’elle m’a aperçue elle est venue m’embrasser. A la fois émue et gênée, je lui ai présentée mes condoléances, elle a eu les larmes aux yeux…mais elle ne voulait pas pleurer. Elle essayait de se montrer forte même si j’ai vu combien sa douleur était grande et retenue.
"Il faut absolument que tu passes chez moi, j'ai un cadeau pour toi..." m'a-t-elle dit.
Moi qui a vu combien elle était heureuse avec lui... j’ai vu sa joie quand elle m’annonçait son arrivée...je les ai vu tous les deux se balader en se tenant par le bras... aujourd’hui, je me rappelle du regard heureux de cette femme en compagnie de son mari et de son regard triste et solitaire après son départ le 16 mai 2003 à Casablanca...
Ces deux femmes, dans la cinquantaine, des filles de plus de 25 ans. Elles ont toutes les deux subi la dictature de Franco, leurs parents ont vécu la guerre civile, elles ont connu l'immigration, le chômage, etc. elles n'ont jamais baissé les bras. Elles ont travaillé toute leur vie pour le bien de leurs enfants et des enfants des autres, génération après génération. L'une d'elle m'a dit un jour "quand j'ai décidé d'immigrer à l'étranger, je suis partie très en colère et ça c'était douleureux!". Une phrase qui me vient souvent à l'esprit.
Pour rendre hommage à ces deux femmes, à celle qui a perdu son mari, j'ai choisi ce jour-ci, la veille du 11 mars...ce même jour il y a quatre ans, je prenais le train à 7h du matin, destination: Barcelone. A mon arrivée à la gare, on annonce que tous les trains à destination de Madrid son en retard ou annulés et qu'il n' y a aucune information. Quelques heures plus tard, je retourne à la gare pour mon train de retour et là les images sur les écrans montraient l'horreur, une horreur que j'attribue à un simple concept: "nous et eux". Qui sommes-nous? Qui sont-ils? c'est ça la vraie question.
29 février 2008
Initiative Education - Développement
Site de l'initiative ici
Pétition ici
Groupe facebook ici
Envoyer email : edudevmaroc@gmail.com
Envoyer SMS : 018 40 44 44
14 février 2008
Education au Maroc: commençons par une réflexion
Voilà, j'avais publié ce texte comme un commentaire à notre billet précédent sur le sauvetage du système éducatif marocain. L'idée était de poser uniquement les trois premières questions. Mais, comme je me suis étalée un peu, j'ai décidé de le republier en tant que nouveau billet.
Plusieurs questions se posent pour moi à ce sujet:
1) Y a-t-il encore quelque chose à sauver dans notre système éducatif?
2) Quel est l'aboutissement espéré de cette initiative? Supposons que tous les blogueurs se soient mobilisés, que des milliers de personnes ont signé la pétition, quelle est la valeur légale/constitutionnelle de tout cela? en quoi cela obligerait-il les autorités ou politiciens à passer à l'action?
3) Quelle éducation, pour quels citoyens, pour quelle société?
Ma dernière question tient du fait que pour réfléchir à une éducation adéquate pour nos enfants, nous devrions réfléchir d'abord au type de citoyens que nous voudrions former et avant cela nous devrions avoir une vision du type de société dans laquelle ces citoyens vont s'insérer, s'intégrer, et participer de manière active et productive.
Je propose donc d'entamer dans ce sens et en parallèle avec cette initiative, une triple réflexion sur ces aspects importants dans la construction d'une société qui se veut orientée vers son avenir à travers les générations de demain.
Je souligne aussi que la question de l'éducation n'est pas résolue même dans certains pays des plus développés et encore moins celle de l'équité des systèmes éducatifs. Les résultats des rapports PISA en sont une preuve ainsi que les innombrables évaluations qui ont lieu chaque année aux niveaux international, national, régional, local, des établissements…des évaluations internes, externes, commandités, sollicités…de tout genre. Pourquoi fait-on tout cela ? ce n’est pas pour avoir des informations et les cacher dans un tiroir tel que je l’ai lu dans un commentaire de l’un des signataires de la pétition, où le directeur du collège s’est retiré en arrière juste au moment où il devait se regarder dans le miroir et se dire bon, qu’est ce que je fais pour améliorer les choses ? par où je dois commencer ? que m’apportent ces informations ? devrais-je en collecter d’autres qui m’indiqueraient peut-être mieux la source du problème ?
Je tiens à dire à ce directeur qu’il a fait preuve de beaucoup d’initiative et de courage en réalisant une étude statistique sur les résultats des élèves dans son établissement -je ne pense pas qu’il y en a deux comme lui—Seulement il devrait être encore plus courageux et continuer le processus déjà commencé. Les mauvais résultats sont une réalité qu'on ne supprime pas en cachant les pourcentages. Au contraire, on ne fait qu'aggraver la situation en ignorant une réalité criante. Un malade serait très déçu si son médecin se limite à diagnostiquer les symptômes de sa maladie. Il les connait déjà puisqu’il les sent et en souffre. Aussi souhaiterait-il guérir d’un seul coup, mais il sait bien que son traitement peut être long et que le médicament risque de ne pas être efficace et qu’il devrait le changer une, deux, trois fois avant de trouver le bon remède. Mais, une chose est sûre, il ne pardonnerait jamais à son médecin de lui avoir caché sa vraie maladie.
A vous!
09 février 2008
Enseignement : Oui, en effet, ça suffit!!! La situation devient intolérable!!!
Comment ne pas sentir l'humiliation d'être traité comme un "Cancre"? Comment ne pas se révolter pour l'état d'un système éducatif qui arrive aujourd'hui à la faillite? Comment ne pas sentir l'amertume de voir des générations se sacrifier à l'autel d'un enseignement stérile? Comment ne pas reprendre Hamid Bajjou : "ta formation, et ainsi que celle de la plupart des marocains, s'est faite dans un cadre très fermé, privé de tout esprit critique, ça a été voulu et imposé par l'ancien régime ... mais nous ne pouvons quand même pas continuer à discuter, pas nécessairement pour donner des réponses mais surtout pour soulever des questionnements à propos de ce qui est jugé par certains comme des vérités indiscutables" ?....
Taha nous a invité à discuter une action de blogueurs concernant un appel au sauvetage de notre système éducatif :
"Oui, en effet, ça suffit!!! La situation devient intolérable!!!
C'est bien de lancer et de signer des appels pour la défense des libertés. C'est louable d'initier des mouvements et de créer des collectifs pour la démocratie et la modernité, ou pour la refondation de tel ou tel parti. C'est sain de mobiliser pour le respect des droits de l'homme et de la femme et pour la lutte contre la corruption...Toutes ces initiatives vont dans le sens de la consolidation de l'Etat de droit et de la mobilisation citoyenne.
C'est bien de tenir un blog et de l'utiliser pour exprimer des coups de gueule, partager des réflexions, diffuser des informations.
Mais pendant ce temps-là, les indicateurs du sous-développement du pays se suivent et se ressemblent. Vivant dans un pays qui est classé 126ème pour l'indice de développement humain et avant-dernier de sa région pour le système éducatif, les citoyens du Maroc peuvent-ils continuer à ignorer le fait que leur avenir est largement compromis. Les citoyens de ce pays peuvent-ils être tranquilles à l'idée que le système éducatif marocain est en train de sacrifier des générations entières.
Pouvons-nous accepter d'assister à la préparation et même l'exécution devant nos yeux de ce crime à l'égard de tout un peuple. A qui, à quoi serviront les autoroutes, les zones industrielles, les ports, les villes réaménagées, le TGV, si la majorité des marocaines et marocains de demain ne savent ni lire, ni écrire, et si la minorité des instruits n'a qu'un seul objectif, celui de quitter le pays pour d'autres cieux!
Comment ne pas se révolter en apprenant qu'aucun parti ne voulait hériter du portefeuille de l'éducation dans l'actuel gouvernement? Comment continuer à fair semblant d'ignorer que plus du quart de nos ressources budgétaires sont dilapidées dans un système qui ne conduit qu'à l'impasse? Sommes-nous à ce point frappés de stérilité intellectuelle pour ne pas inventer des solutions à ce problème, comme l'ont fait avant nous d'autres pays?
Pour toutes ces raisons, et il y en a d'autres, et pour répondre à ces questions, et il y en a d'autres, ne serait-il pas opportun de lancer un appel, un vrai, un massif, pour que la question de l'éducation soit enfin prise au sérieux. Pour que soit construite l'école qui permet la formation de base dans une langue maîtrisée, avec un contenu civique et ouvert sur le monde, qui permet le brassage social, qui enseigne le droit et le devoir, qui forme au monde de la création et de l'initiative, qui réduit l'exclusion spatiale...
Et pourquoi ne pas commencer par les bloggeurs?
Cette communuaté de bloggeurs marocains qui fait tant la fierté de ce pays, par son innovation, son dynamisme, sa défense des valeurs de liberté et de tolérance, sa vigilance à l'égard de tout ce qui touche de près ou de loin à son pays (voir article sur le journal La Croix ici)... cette communauté ne peut pas rester à l'écart de ce problème."
Nous nous déclarons solidaire de cette action citoyenne de blogueurs et nous invitons tous les blogueurs, et tous ceux qui partagent notre amertume à engager une réflexion de fond quant aux solutions pratiques à mettre en oeuvre.
Elle & Lui reviendront incessamment pour vous exprimer leur point de vue sur la question.
PS : Merci à Mounir de nous avoir averti.
05 février 2008
Illy : ma fille bien-aimée
Par pur hasard, nous écrivons, elle et moi, deux biellets sur la même thématique, mais de deux optiques différentes. Nous parlerons de Tamazight, mais ne voyez pas en cela un activisme zélé pour une cause juste et faisant intégralement partie de notre identité. Libération titrait à sa Une un article signé par le bâtonnier Abderrahim Jamaï, militant de droits de l'homme de longue date, autour d'une décision, je cite, qui "rappelle ces temps révolus que l'on croyait Dahdouh a rendu un verdict iterdisant des parents adoptifs, par kafala, de Larache de choisir le nom d'"Illy" ( ce qui signifie en tamazight ma fille bien aimée ) à leur fille. Cette nouvelle m'interpelle à plusieurs égards, tout comme la petite Noumidya, qui interdite de prénom, et qui s'approche de l'age de scolarité, notamment par une simple question : Est ce que le Makhzen serait plus tendre envers nos momes, en choisissant leurs prénoms par restriction de liste, que les parents?
03 février 2008
Une marocaine originaire de Nador remporte le prix Ramon Llull de Catalogne
MAP (01/02/2008)
Une jeune auteur Marocaine, Najat El Hachmi a crée la surprise générale en remportant, jeudi soir à Andorre, pour la première fois dans l'histoire de la Catalogne, le prix Ramon Llull, la plus prestigieuse distinction littéraire catalane.
Le prix, doté de 90.000 euros, a été décerné à l'unanimité du jury, à Najat El Hachmi, originaire de Nador, pour sa nouvelle "L'ultim Patriarca" (Le dernier patriarche).
La nouvelle raconte les conflits entre un immigré marocain et sa fille adolescente qui cherche sa liberté personnelle et sa place dans la société catalane.
Najat El Hachmi, 28 ans, tente de montrer, à travers cette nouvelle, la différence de perception culturelle de deux générations, à travers une relation conflictuelle entre un père patriarche et une adolescente rebelle
La jeune auteur marocaine est arrivée en Catalogne à l'âge de 8 ans où elle a suivi sa scolarisation dans des écoles catalanes avant d'intégrer l'université dans le département philologie arabe
Najat El Hachmi, symbole de la parfaite intégration des immigrés dans leur société d'accuel, avait déjà publié une nouvelle en 2004 "Jo també soc catalana" (Moi aussi je suis catalane) paru aux éditions Columna.
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